Circulation - Cardiologie - Nutrition - Diabète - Obésité - Endocrinologie - Gastro-entérologie - Hépatologie - Néphrologie - Système ostéo-articulaire
L’institut Circulation, métabolisme et nutrition couvre un champ très large de la physiologie, de la médecine expérimentale et de maladies humaines. Les domaines couverts sont le cœur et les vaisseaux, les glandes endocrines, le foie, le rein, les os et les articulations, et l’ensemble des organes mis en jeu par l’alimentation, depuis le contrôle de la prise et du comportement alimentaire jusqu’aux processus digestifs et au contrôle de l’utilisation et de la mise en réserve des substrats.
L’institut s’appuie sur un comité d’experts (36,8 ko) représentant chacun des domaines thématiques et représentant les différents organismes de recherches impliqués. Les forces de la recherche se répartissent pour 30 % dans le cardiovasculaire, 29 % dans le métabolisme, la nutrition et le diabète, 41 % de façon à peu près égale dans l’ostéo-articulaire, la néphrologie, l’hépatologie, la gastro-entérologie, l’endocrinologie.
Les maladies métaboliques et nutritionnelles sont un enjeu majeur de santé publique en raison de leurs complications, en particulier cardiovasculaires. Diabète, hyperlipidémie, obésité, insuffisance rénale sont les grands pourvoyeurs des maladies cardiovasculaires, première cause de mortalité dans les pays industrialisés. La persistance d’une incidence forte malgré des avancées thérapeutiques majeures s’explique par l’augmentation de l’incidence du diabète, de l’obésité et par le vieillissement de la population. Le diabète touche à lui seul 6,2 % de la population française de 20 à 70 ans, l’obésité environ 13 % en 2006. Paradoxalement, la malnutrition est aussi un problème majeur. Une dénutrition est observée dans 40 % des maladies chroniques, chez 30 à 50 % des patients hospitalisés toutes pathologies confondues. D’autres maladies entrant dans les champs thématiques de l’institut sont fréquentes et/ou graves. Elles posent des questions fondamentales, qu’il s’agisse des maladies auto-immunes et inflammatoires, exemple même des maladies multigéniques et multifactorielles, des maladies génétiques monogéniques, souvent invalidantes, de nombreux cancers ou de maladies infectieuses.
Les problèmes biologiques posés intéressent un vaste éventail de champs disciplinaires, de la génétique à la biologie du développement, la biologie cellulaire, l’immunologie, l’imagerie, l’ingénierie, la biologie du vieillissement, la recherche clinique. L’augmentation spectaculaire de l’incidence de maladies communes pose la question du rôle de l’environnement, ainsi que de son interaction avec un génome dont la variabilité devient accessible dans le cas de surgissement de ces pathologies. En dehors de maladies monogéniques rares, les maladies communes surviennent sur un terrain multigénique qui associe des variants de gènes contrôlant autant de traits phénotypiques intermédiaires. Outre les gènes qui contribuent à l’initiation de ces maladies, d’autres qu’il faut identifier contribuent à leur progression. Ces maladies imposent en aval de disposer de biomarqueurs de leur déclenchement et de leur progression. La nécessité de modèles précliniques pertinents et de cohortes de patients extensivement phénotypés est une priorité.
Pour beaucoup de ces maladies, les traitements actuels sont insuffisants, souvent symptomatiques ou palliatifs. Quand ils s’appuient sur des mécanismes, ils se heurtent souvent aux risques qu’ils induisent. Lorsqu’une prévention existe (l’athérosclérose), elle est souvent limitée au ciblage des facteurs de risque associés, qui ne sauraient résumer les mécanismes physiopathologiques en jeu. Les stratégies de remplacement d’organe, généralisées dans de nombreux champs de la médecine, se heurtent à l’insuffisance de donneurs, à la toxicité des immunosuppresseurs ou à la complexité du geste chirurgical. Des évolutions sont inéluctables pour générer in vitro des cellules ou tissus utilisables en greffe, développer des stratégies de régénération cellulaire, faire tolérer par le système immunitaire les organes greffés ou créer des organes artificiels.
Elles sont de 3 ordres : scientifique, organisationnel et technologique.
Les priorités scientifiques, tout d’abord, ont pour objectifs de :
Les priorités organisationnelles, ensuite, visent à développer :
Les priorités technologiques, enfin, concernent la mise en place des plates-formes de métabolome coordonnées avec les plates-formes déjà existantes de génomique, transcriptomique et les plates-formes de bio-informatique et biostatistiques en discussion. Cette politique technologique doit être pensée de manière coordonnée avec les objectifs fixés par d’autres instituts, en particulier dans le domaine de la génétique et du génome, de l’inflammation, de la santé publique et, bien entendu, des technologies pour la santé.
Christian Boitard
Directeur de l’institut Circulation, métabolisme et nutrition